Le kimchi maison, je l’ai adopté parce que c’est une fermentation facile et que le résultat n’a rien à voir avec ce qu’on trouve en magasin. Trois jours minimum, c’est le temps qu’il faut pour que le piment coréen, le radis et le chou développent cette acidité juste et cette saveur piquante bien équilibrée. Le coût est très bas, et franchement, une fois qu’on a compris le mécanisme, on refait le lot tous les mois. C’est un condiment qu’on peut manger à côté de n’importe quoi, et ça dure longtemps au réfrigérateur.
Pourquoi le kimchi maison reste mon condiment de base
J’ai commencé le kimchi parce que j’en mangeais beaucoup et que les prix en magasin bio devenaient ridicules. Au départ, j’avais peur de la fermentation, peur que ça tourne mal. En réalité, c’est l’inverse : c’est tellement difficile de rater une fermentation lactique qu’on se demande pourquoi on ne le fait pas plus souvent.
Ce que j’aime vraiment, c’est que le kimchi fait maison a une acidité progressive. Les trois premiers jours, c’est encore doux, avec juste du piquant. À partir du quatrième jour, l’acidité monte et le goût devient plus complexe. Chez moi, je le laisse entre cinq et sept jours selon la température ambiante. Plus il fait chaud, plus vite ça fermente. En hiver, j’attends une semaine complète.
Le kimchi se garde au réfrigérateur pendant deux mois sans problème. Je l’utilise dans les bols de riz, avec des œufs brouillés, sur des tartines, dans les soupes. C’est un condiment polyvalent qui apporte du piquant et de l’umami sans effort. Et le prix de revient est imbattable : pour moins de cinq euros, j’ai un kilogramme de kimchi.
Ce que j’achète et pourquoi ça compte vraiment
- Chou chinois (napa) : 800 grammes environ. C’est la base. Le chou ordinaire marche aussi, mais le napa a une texture plus tendre et une saveur plus douce. Je choisis un chou ferme, pas mou.
- Radis blanc (daikon) : 200 grammes. Il apporte de la fraîcheur et une légère amertume. C’est optionnel techniquement, mais ça change vraiment la texture et le goût. Je le coupe en bâtonnets fins.
- Piment coréen en poudre (gochugaru) : 3 à 4 cuillères à soupe. C’est l’élément clé. Le gochugaru n’est pas aussi piquant que le piment de Cayenne : il a une saveur fumée et légèrement sucrée. Je l’achète en ligne ou en magasin asiatique, jamais en petite quantité au supermarché, c’est trop cher.
- Ail : 6 à 8 gousses. Je le hache finement. L’ail cru fermente bien et apporte du corps.
- Gingembre frais : 2 cuillères à soupe râpé. Il renforce la saveur piquante et aide à la fermentation.
- Sauce de poisson (nuoc-mam ou sauce de poisson coréenne) : 2 cuillères à soupe. C’est optionnel pour une version végétarienne, mais ça apporte de l’umami. Si je la saute, j’ajoute un peu plus de sel.
- Sucre : 1 cuillère à soupe. Ça nourrit les bactéries lactiques et équilibre le piquant.
- Sel fin : 2 cuillères à café. Je ne sursale pas : trop de sel ralentit la fermentation.
- Eau filtrée : 250 millilitres. L’eau du robinet marche, mais l’eau filtrée ou bouillie puis refroidie évite les chocs thermiques.
Ma façon de procéder, sans gadget ni technique compliquée
- Je coupe le chou chinois en quatre dans le sens de la longueur, puis je le découpe en morceaux de 3 à 4 centimètres. Je mets tout dans un grand saladier. Je saupoudre le sel fin sur le chou et je mélange bien avec les mains pendant deux minutes. Le chou commence à rendre son eau. J’attends quinze minutes : le chou va devenir mou et mouillé.
- Pendant ce temps, je prépare la pâte de fermentation. Dans un petit bol, je mélange le gochugaru, l’ail haché, le gingembre râpé, le sucre et la sauce de poisson. Je verse un peu d’eau filtrée pour obtenir une pâte lisse, pas trop liquide. Je goûte : ça doit être piquant mais équilibré.
- Je rince le chou salé sous l’eau froide en le pressant légèrement pour enlever l’excès de sel. Je le laisse égoutter dans une passoire pendant cinq minutes.
- Je remets le chou dans le saladier et j’ajoute le radis coupé en bâtonnets. Je verse la pâte de fermentation et je mélange à la main pendant deux ou trois minutes, en écrasant légèrement pour bien imprégner tous les morceaux.
- Je remplis des bocaux en verre stérilisés (ou simplement propres et secs) en tassant bien le kimchi pour qu’il soit bien comprimé. Je laisse environ deux centimètres d’espace en haut. Le jus du chou doit remonter et couvrir les légumes.
- Je ferme le bocal, mais pas hermétiquement les deux premiers jours : les gaz de fermentation ont besoin de s’échapper. Je mets juste le couvercle sans le visser à fond, ou je le laisse légèrement ouvert.
- Je place le bocal à température ambiante, loin de la lumière directe. Entre 18 et 22 degrés, c’est idéal. Après deux jours, je visse bien le couvercle et je mets au réfrigérateur.
- Je goûte après trois jours. Si c’est assez acide pour moi, c’est bon. Sinon, je laisse deux ou trois jours de plus avant de mettre au froid. Une fois au réfrigérateur, la fermentation ralentit beaucoup mais continue lentement.
Ce que j’ai appris à force de refaire cette recette
La première fois, j’ai fait l’erreur de fermer le bocal complètement dès le départ. Le pression s’est accumulée et le couvercle a sauté. Depuis, je laisse respirer les deux premiers jours. Les gaz, c’est normal et c’est bon signe.
J’ai aussi testé sans radis : c’est moins intéressant. Le radis apporte une texture croquante et une légère note amère qui équilibre le piquant du gochugaru. Je ne le saute jamais maintenant. Par contre, j’ai essayé d’ajouter des carottes et de la courge : ça marche aussi, mais ça dilue le goût typique du kimchi. Je garde ça pour les variantes.
Le timing de fermentation dépend vraiment de la température. En été, trois jours suffisent. En hiver, j’attends facilement une semaine. Je goûte régulièrement pour sentir l’évolution. Une fois qu’il me plaît, je mets au froid immédiatement. Au réfrigérateur, le kimchi se conserve deux à trois mois sans problème. L’acidité continue à monter lentement, mais c’est très progressif.
Questions qu’on me pose souvent
Est-ce que le kimchi peut vraiment se garder deux mois au réfrigérateur ?
Oui, sans problème. La fermentation ralentit énormément au froid, donc le kimchi reste stable. L’acidité monte très lentement. J’ai des bocaux qui ont trois mois et qui sont encore bons. La seule chose à surveiller, c’est que le couvercle reste bien fermé pour éviter les moisissures de surface.
Et si j’aime moins le piquant, je mets moins de gochugaru ?
Oui, tu peux réduire à deux cuillères à soupe. Mais attention : le piquant monte avec la fermentation. Ce qui est modéré le premier jour devient plus piquant après une semaine. Je préfère commencer avec la quantité standard et laisser moins longtemps fermenter si je veux moins de piquant.
Faut-il vraiment un bocal en verre ou je peux utiliser du plastique ?
Le verre c’est mieux parce que le kimchi est acide et réactif. Avec du plastique, il peut y avoir des interactions chimiques. De plus, le verre permet de voir la progression de la fermentation. Mais techniquement, un récipient en plastique alimentaire marche aussi.
