Le kimchi, j’ai mis du temps à le réussir. Au début, j’obtenais un résultat mou, trop aigre ou qui ne fermentait pas du tout. Et puis j’ai compris que tout reposait sur la température. Pas juste pendant la fermentation — avant aussi. Maintenant, mes pots fermentent régulièrement, le goût est équilibré entre acidité et piquant, et la texture reste croquante. C’est devenu mon condiment de base, celui qu’on prépare par 3 ou 4 bocaux à la fois.
| 🌍 Fiche recette — Kimchi coréen traditionnel | |
|---|---|
| ⏱ Préparation | 25 min |
| 🔥 Cuisson | 0 min |
| 🕒 Temps total | 3-7 jours (fermentation) |
| 🍽 Portions | 1 bocal d’1 litre (8-10 portions) |
| 📊 Difficulté | Facile |
| 💚 Coût estimé | 6-9€ |
| 🔥 Calories | 32 kcal / portion |
| 🌶 Origine | Corée du Sud |
| 🥗 Régime | Vegan, sans gluten |
| 💡 L’astuce de Nadège | |
| Maintiens ton kimchi entre 18 et 22°C pendant les 3 premiers jours, puis passe-le au frigo : c’est ça qui change tout. Trop chaud, il devient mou et trop aigre. Trop froid, il fermente à peine. | |
Pourquoi ce kimchi fermente régulièrement depuis que j’ai compris le rôle de la température
La fermentation, c’est une affaire de bactéries — les bonnes. Ces bactéries lactiques (Lactobacillus) se multiplient à une vitesse précise selon la température. Entre 18 et 22°C, elles travaillent bien : pas trop vite, pas trop lentement. C’est la zone idéale pour que le kimchi se transforme en 3 à 5 jours avec un goût équilibré.
Au-dessus de 25°C, la fermentation s’accélère. Ça semble pratique au premier abord, mais le résultat devient trop aigre en 2 jours, et la texture s’amollit parce que les bactéries produisent trop d’acide lactique d’un coup. J’ai essayé de le laisser à température ambiante en été — catastrophe. Le chou était pâteux après 48 heures.
En dessous de 15°C, c’est l’inverse : la fermentation traîne. Ça peut prendre 2 semaines pour avoir un bon résultat, et il y a un risque que des moisissures ou des bactéries indésirables colonisent le pot avant que les lactobacilles fassent leur travail. C’est ce qui m’est arrivé quand j’ai voulu fermer un kimchi au sous-sol en hiver.
Maintenant, je prépare mon kimchi le soir, je le laisse 3 jours à température ambiante contrôlée (18-22°C — un coin du salon loin du radiateur fonctionne), puis je le mets au frigo. Au frigo, la fermentation ralentit énormément, ce qui permet au goût de se stabiliser. C’est là que le kimchi devient vraiment bon, piquant mais pas écrasant, avec cette acidité qui reste légère et agréable.
Ce que j’achète et pourquoi ça compte vraiment pour la fermentation
- Chou napa (1 kg environ) : c’est la base. Il faut un chou bien blanc, pas trop foncé. Plus il est blanc, plus il fermente bien. Si tu ne trouves que du chou napa foncé, ça marche aussi, mais la fermentation peut être légèrement plus lente. En alternative, tu peux utiliser du chou chinois ordinaire, mais le résultat sera moins croustillant et la fermentation plus rapide.
- Sel marin grossier (30 g pour saumure) : pas de sel iodé, sinon tu perturbes les bactéries. Le sel marin permet une fermentation plus régulière. À défaut, du sel de table fin fonctionne, mais utilise-en 25 g au lieu de 30 (le sel fin est plus concentré).
- Piment coréen moulu (gochugaru) (3-4 cuillères à soupe) : c’est le cœur du goût. Le gochugaru est moins piquant que le piment rouge ordinaire et apporte une saveur légèrement sucrée. Si tu ne le trouves pas, tu peux remplacer par du piment rouge moulu ordinaire, mais réduis la quantité à 2-3 cuillères à soupe et le résultat sera plus piquant, moins fruité.
- Ail frais (6-8 gousses) : tu dois le moudre ou le râper très fin. L’ail joue un rôle dans la fermentation en tant que conservateur naturel. Du ail déshydraté ne fonctionne pas du tout — il n’apporte pas les mêmes composés antibactériens.
- Gingembre frais (2 cm de racine) : même finement râpé. Le gingembre aide aussi à la fermentation et apporte une chaleur agréable. Tu peux le remplacer par du gingembre en poudre (1 cuillère à café), mais le résultat sera moins frais.
- Poisson séché fermenté (saeujeot) ou sauce de poisson (2 cuillères à soupe) : c’est facultatif pour les végétaliens, mais c’est ce qui donne au kimchi sa profondeur. Si tu ne l’as pas, ajoute 1 cuillère à soupe de sauce soja supplémentaire et 1 cuillère à café de miso rouge. Le résultat sera un peu moins complexe, mais toujours bon.
- Sucre (1 cuillère à soupe) : nourrit les bactéries lactiques et aide la fermentation à démarrer. Tu peux réduire à 1 cuillère à café si tu trouves ça trop sucré, mais la fermentation sera légèrement plus lente.
- Eau filtrée ou déminéralisée (500 ml pour la saumure) : l’eau du robinet trop calcaire peut ralentir la fermentation. Si tu n’as que l’eau du robinet, laisse-la reposer 24 heures avant de l’utiliser pour que le chlore s’évapore.
Ce qu’il te faut dans la cuisine, rien de plus
- Bocal en verre d’1 litre (bocal fermé type Weck ou Le Parfait) : le verre ne réagit pas avec l’acidité de la fermentation. Le plastique peut laisser des résidus. Un bocal hermétique permet aux gaz de s’échapper légèrement (la fermentation produit du CO2) tout en empêchant l’air extérieur de rentrer. Si tu n’as qu’un bocal ordinaire sans joint, tu peux le fermer avec un torchon maintenu par un élastique.
- Couteau de chef : pour trancher le chou finement.
- Planche à découper : de préférence en bois ou plastique, pas de métal.
- Bol de mélange (grand, 2-3 litres) : pour préparer la pâte de piment.
- Cuillère en bois ou silicone : jamais de métal, qui peut réagir avec l’acidité.
- Thermomètre de cuisine (optionnel mais vraiment utile) : pour vérifier que ton coin de fermentation est bien entre 18 et 22°C.
Ma façon de procéder, étape par étape
Préparer le chou
Découpe le chou napa en deux dans la longueur. Rince-le abondamment sous l’eau froide en écartant les feuilles pour enlever la terre. Laisse-le égoutter 5 minutes. Découpe ensuite chaque moitié en carrés d’environ 3-4 cm. Tu dois avoir environ 1 kg de chou préparé.
Dans un grand bol, mélange le chou avec 30 g de sel marin et 500 ml d’eau filtrée. Mélange bien avec tes mains pour que le sel se répartisse partout. Laisse reposer 1 heure à température ambiante. Le chou va se ramollir légèrement et rendre de l’eau. C’est normal — c’est ça qui crée la saumure.
Préparer la pâte de piment
Pendant que le chou repose, prépare ta pâte. Dans un bol séparé, mélange 3 à 4 cuillères à soupe de gochugaru, 6 à 8 gousses d’ail écrasées ou râpées très finement, 2 cm de gingembre frais râpé, 2 cuillères à soupe de sauce de poisson (ou miso rouge pour une version végétarienne), 1 cuillère à soupe de sucre et 2 cuillères à soupe d’eau froide. Mélange bien jusqu’à obtenir une pâte lisse et homogène. Ça doit ressembler à du ketchup épais. Goûte — c’est censé être très piquant et un peu sucré. C’est normal, ça va se diluer quand tu vas mélanger avec le chou.
Assembler et fermenter
Égoutter le chou en gardant la saumure. Verse la saumure dans un bocal. Puis, dans le bol du chou, ajoute la pâte de piment et mélange bien avec une cuillère en bois — chaque morceau de chou doit être couvert. Ça va être rouge partout et un peu liquide. C’est bon signe.
Verse tout dans le bocal. Tasse légèrement avec la cuillère pour que le chou soit bien immergé dans le liquide. Le haut du chou doit être couvert d’au moins 1 cm de liquide. Si tu n’as pas assez de liquide, prépare une saumure rapide : 1 cuillère à café de sel dans 100 ml d’eau, mélange et verse jusqu’à ce que tout soit couvert.
Ferme le bocal et laisse-le à température ambiante, entre 18 et 22°C, pendant 3 à 5 jours. Le premier jour, tu vas peut-être voir des petites bulles se former — c’est la fermentation qui commence. Ouvre le bocal une fois par jour pour laisser s’échapper les gaz (ça fait un petit « pshhht »). Ça prend 10 secondes.
Après 3 jours, goûte. Si c’est trop doux et pas assez aigre, laisse 2 jours de plus. Si ça te plaît, mets le bocal au frigo. Au frigo, la fermentation ralentit énormément et le kimchi va continuer à se développer lentement pendant des semaines.
Vérifier la fermentation
Le kimchi est prêt quand il a un goût aigre et piquant équilibré, avec une légère effervescence. Le chou doit rester croquant. Si le chou est mou, c’est qu’il a fermenté trop vite (trop chaud) ou trop longtemps. Si ça a un goût de moisi ou une odeur bizarre, c’est qu’une mauvaise bactérie s’est développée — jette-le et recommence.
Ce que j’ai appris à force de la refaire, et les erreurs à éviter
La première erreur que j’ai faite, c’est de laisser le kimchi à température ambiante sans contrôle. J’habitais près d’un radiateur en hiver, et mon kimchi fermentait en 24 heures avant de devenir pâteux. Maintenant, je mets mon bocal dans un coin plus frais ou je le mets dans une glacière avec un pack de glace réutilisable pour maintenir 18-20°C.
La deuxième erreur : utiliser du sel iodé. Ça perturbe les bactéries et la fermentation devient imprévisible. J’ai eu un lot entier qui n’a pas fermenté du tout. Depuis, je n’utilise que du sel marin ou du sel de mer.
Troisième erreur : ne pas bien couvrir le chou de saumure. Si le chou dépasse le liquide, il peut développer de la moisissure verte ou blanche. Maintenant, je tasse toujours bien et je m’assure que tout est immergé. Si du chou remonte, j’ajoute de la saumure.
Quatrième erreur : oublier d’ouvrir le bocal pour laisser s’échapper les gaz. Si le bocal est fermé hermétiquement sans aération, la pression interne augmente et le bocal peut exploser (j’ai eu peur une fois). Maintenant, j’ouvre une fois par jour pendant les 3-5 jours de fermentation. Ça prend 10 secondes.
Cinquième erreur : confondre « prêt » et « parfait ». Le kimchi n’a pas une date d’expiration précise. À 3 jours, il est moins aigre et plus sucré. À 7 jours, il est bien aigre et piquant. C’est une question de goût personnel. Moi, j’aime entre 4 et 6 jours. Maintenant, je goûte chaque jour après le 3e jour pour trouver le moment idéal.
| 🔄 Variantes saisonnières de la recette | |||
|---|---|---|---|
| Version | Ingrédient clé + quantité | Résultat | Pour qui |
| Kimchi printemps | Radis daikon frais râpé (150 g) + réduire gochugaru à 2 cuillères | Plus léger, moins piquant, avec une note croquante sucrée | Ceux qui trouvent le kimchi traditionnel trop intense |
| Kimchi été | Ajouter 200 g de concombre coupé en bâtonnets + réduire temps de fermentation à 2-3 jours | Frais, léger, avec une texture croquante supplémentaire | Pour les repas estivaux, accompagnement léger |
| Kimchi automne | Augmenter gochugaru à 5 cuillères + ajouter 100 g de champignons shiitake séchés réhydratés | Plus riche, plus umami, piquant marqué | Pour accompagner des plats chauds et réconfortants |
| Kimchi hiver | Augmenter ail à 10 gousses + ajouter 1 cuillère à café de poivre noir moulu + fermentation 5-7 jours à 16-18°C | Plus corsé, plus profond, fermentation plus lente et complexe | Ceux qui aiment un kimchi très développé et intense |
Comment je la garde pour la semaine et au-delà
Une fois au frigo, le kimchi se conserve sans problème pendant 2 à 3 mois. La fermentation continue très lentement, donc le goût évolue progressivement. À 2 semaines, il est bien aigre. À 1 mois, c’est encore bon mais vraiment piquant. Après 3 mois, ça devient très aigre et moins attrayant, mais ça reste comestible.
Je stocke mon kimchi dans le bocal fermé, toujours au frigo. Si le chou commence à remonter hors du liquide, j’ajoute une saumure rapide pour le recouvrir. Ça prend 2 minutes.
Pour le batch cooking, je prépare 3 ou 4 bocaux à la fois (ça représente 4 kg de chou). Je les fermente ensemble pendant 3-5 jours, puis je les mets tous au frigo. Comme ça, j’ai du kimchi frais pour 2-3 mois. C’est efficace et ça me permet d’en servir avec presque tous les repas sans en refaire constamment.
Si tu veux le servir chaud (par exemple en accompagnement de riz ou de soupe), tu peux le réchauffer légèrement à la poêle pendant 2-3 minutes. Ça ne tue pas les bactéries — elles sont déjà inactives au frigo. Le goût devient un peu plus doux et moins piquant quand c’est chaud.
Ce que ça vaut niveau nutrition, par portion
Le kimchi est très faible en calories mais riche en probiotiques (grâce à la fermentation) et en vitamines. Une portion (environ 80 g) apporte très peu de calories mais beaucoup de saveur et de bénéfices digestifs.
- Calories : 32 kcal par portion (très léger)
- Protéines : 1,2 g (minimal, c’est un condiment)
- Glucides : 6 g (surtout des fibres du chou)
- Lipides : 0,3 g (presque rien)
- Fibres : 1,8 g (bon pour la digestion)
- Sodium : 420 mg (à cause du sel — modère si tu dois limiter le sel)
- Probiotiques : présents et actifs (bénéfiques pour la flore intestinale)
Questions fréquentes
Je veux faire un kimchi sans gluten — ça change quoi ?
Le kimchi traditionnel est déjà sans gluten si tu utilises de la sauce de poisson pure ou du miso rouge pur. Vérifie juste l’étiquette de ta sauce de poisson — certaines marques ajoutent du blé. Si c’est le cas, remplace par du miso rouge ou de la sauce soja tamari (sans gluten). Le résultat reste excellent.
Mon kimchi fermente trop vite — qu’est-ce que je fais ?
C’est que la température est trop élevée. Déplace le bocal dans un endroit plus frais (cave, sous-sol, placard loin du radiateur). Si tu n’as pas d’endroit frais, mets le bocal dans une glacière avec un pack de glace réutilisable pour ramener la température à 18-20°C. Sinon, mets-le au frigo plus tôt que prévu (après 2 jours au lieu de 3-4).
Je veux faire du kimchi pour 2 personnes seulement — je divise tout par deux ?
Oui, tu peux diviser les quantités par deux. Ça te donnera environ 500 g de kimchi fini. Utilise un bocal d’500 ml. Les temps de fermentation restent les mêmes (3-5 jours). Le résultat est identique.
Je veux faire du kimchi pour 8-10 personnes — comment je fais ?
Multiplie toutes les quantités par 2 ou 2,5. Tu auras 2 kg de chou et tu devras utiliser 2 bocaux d’1 litre. Prépare tout dans un grand bol, puis répartis entre les 2 bocaux. Les temps de fermentation restent les mêmes. C’est plus efficace que de faire plusieurs petits lots.
Je n’ai pas de Thermomix — comment je mélange la pâte de piment ?
Tu n’as besoin que d’une cuillère ou d’une fourchette. Mélange l’ail écrasé à la fourchette avec le gochugaru et le gingembre râpé. Ça prend 3 minutes. Un robot ménager ordinaire fonctionne aussi. La Thermomix n’est vraiment pas nécessaire.
Peut-on faire fermenter le kimchi à l’air fryer ou l’autocuiseur ?
Non. L’air fryer chauffe à plus de 180°C, ce qui tuerait les bactéries. L’autocuiseur aussi. La fermentation a besoin d’une température stable et basse (18-22°C) pendant plusieurs jours. Un bocal fermé à température ambiante contrôlée, c’est la seule méthode.
Les enfants peuvent manger du kimchi ?
Oui, mais commence par de petites portions. Le kimchi est très piquant. Les enfants de moins de 5 ans trouvent généralement ça trop fort. À partir de 6-7 ans, tu peux en proposer en petit accompagnement. Certains enfants l’adorent, d’autres trouvent ça trop épicé. Il n’y a pas de risque — c’est juste une question de goût.
Je peux préparer le kimchi d’avance pour la semaine ?
Oui, c’est même recommandé. Prépare-le le dimanche soir, laisse-le fermenter 3-4 jours, puis mets-le au frigo. Tu l’as prêt pour la semaine. Ça se conserve bien 2-3 mois au frigo, donc tu peux en faire plusieurs bocaux à la fois.
Qu’est-ce que je fais si du kimchi moisit ?
Si tu vois de la moisissure blanche ou verte, jette tout. C’est une bactérie indésirable qui s’est développée — ça veut dire qu’une partie du chou n’était pas immergée dans la saumure. La prochaine fois, assure-toi que tout est bien couvert de liquide.
Le kimchi sent très fort — c’est normal ?
Oui, absolument. Le kimchi a une odeur très piquante, un peu pungente. C’est à cause de la fermentation et de l’ail. C’est normal et c’est bon signe. Si ça sent la pourriture ou le moisi, là c’est un problème — jette-le.
Je veux un kimchi moins piquant — je réduis le gochugaru ?
Oui. Réduis à 2 cuillères à soupe au lieu de 3-4. Le résultat sera moins piquant mais toujours bon. Tu peux aussi augmenter le sucre à 1,5 cuillère à soupe pour équilibrer le goût.
Peut-on faire du kimchi sans sauce de poisson ?
Oui, c’est vegan. Remplace la sauce de poisson par 1 cuillère à soupe de miso rouge + 1 cuillère à café de sauce soja. Le résultat sera un peu moins umami mais toujours délicieux. Certains trouvent même ça meilleur.
Maintenant tu as tous les éléments pour réussir ton kimchi. La clé, c’est vraiment la température. Une fois que tu comprends ça, c’est devenu facile. Dis-moi en commentaire si tu as d’autres questions ou si tu veux partager ta propre variante.
